Actualité de nos clients: Coop forestière de la Matapédia : près de 18 M$ pour une nouvelle usine

Bois CFM, qui appartient à la Coopérative forestière de la Matapédia, va transférer sa production de Causapscal à Sainte-Florence, dans une usine à la fine pointe de la technologie. Après plusieurs années sombres, le prix du bois est à la hausse et les entreprises en profitent pour investir.

Un texte de Michel-Félix Tremblay

Les projets qui frisent les 20 millions de dollars sont rares dans la Matapédia. La Coop forestière entend investir 17,7 millions de dollars pour aménager l'ex-scierie Cédrico de Sainte-Florence, qui sert de lieu d'entreposage depuis quelques années, en usine dotée d'équipements neufs et performants. Les travaux s'amorceront dès cet été.

Le projet est sur la table depuis deux ans et on prévoit transférer la production dès octobre 2019.

Le directeur de la Coop, Simon Roy, précise que ce projet permettra d'abaisser les coûts de production d'environ 22 % et « fera de l'usine de Sainte-Florence l'une des plus performantes au Québec ».

On retrouvera dans l'usine des innovations technologiques qui n'ont aucun comparable dans l'industrie des composantes de palettes en Amérique du Nord.

Simon Roy, directeur général, Coopérative forestière de la Matapédia

Le contexte est favorable pour de tels investissements. Le marché du bois d'œuvre en est un bon exemple depuis deux ans.


Précisons cependant que la production de Bois CFM, qui utilise le tremble, n'est pas touchée par la surtaxe.

Le nombre de travailleurs passera de 21 à 27. Une nouvelle qui sème l'espoir à Sainte-Florence, petite municipalité d'environ 400 personnes qui n'a pas encore de réseau d'aqueduc et d'égout.

Une remise à neuf comme ça, ça fait plusieurs années qu'on n'a pas vu un projet de cette ampleur dans la Matapédia.

Carol Poitras, maire de Sainte-Florence

Il s'agit du second investissement majeur dans le domaine de la transformation du bois en quelques jours à peine dans la Matapédia.

Uniboard investira aussi 17 millions de dollars à son usine de Sayabec, ce qui permettra d'augmenter la production de 20 %.

Investir pour faire partie de l'économie de demain

Professeur à l'Université Laval et spécialiste des politiques forestières, Luc Bouthillier estime que les entreprises doivent profiter de la hausse des prix pour améliorer leur productivité.

Surtout, note-t-il, que le cycle de construction que l'on connaît actuellement aux États-Unis est le dernier du genre.

Il indique que de jeunes entreprises américaines arrivent maintenant à construire des résidences usinées à moindre coût avec des techniques plus efficaces qui permettent aussi une personnalisation des maisons.

Le bois est toujours présent, mais on utilise de plus en plus de lamellé croisé (voir photo).

« Il faut développer cette chaîne de production au Québec », note M. Bouthillier.

C'est une tornade qui s'en vient. Il faut de toute urgence se préparer à cette nouvelle manière de construire dans les grandes villes américaines.

Luc Bouthillier, professeur en foresterie, Université Laval

Luc Bouthillier croit que les prix du bois d'œuvre diminueront un peu à la fin de l'année, mais qu'ils resteront bons au cours des prochaines années.